La Lab School Paris, grand prix du jury 2017

LE PROJET

Le projet de création de la Lab School de Paris – école élémentaire privée associative (puis collège), hors contrat, laïque, bilingue, solidaire et éco-responsable – est né de la rencontre entre une équipe de chercheurs soucieux de contribuer au renouveau éducatif en France, des enseignants passionnés et innovants, des entrepreneurs engagés et un groupe de parents désireux d’offrir à leurs enfants un environnement éducatif favorable à leur épanouissement.

Les lab schools sont des écoles innovantes adossées à des départements d’université. Elles existent en Amérique du Nord depuis la fin du XIXe siècle (par exemple, celles de UCLA ou de Toronto).

La Lab School Paris est la première lab school en France.
Les trois activités complémentaires caractéristiques des lab schools et présentes à la Lab School Paris :

  • une école mettant en œuvre une pédagogie fondée sur la recherche scientifique ;
  • un espace de recherche en lien avec la communauté internationale, notamment à travers son affiliation à l’International Association of Laboratory Schools (IALS) ;
  • un centre de formation aux pédagogies innovantes.

Ainsi, dans un contexte où le nombre d’écoles alternatives créées chaque année est en pleine expansion, la Lab School Paris constitue un projet pionnier. Cette école élémentaire innovante, bilingue, solidaire, laïque et éco-responsable accompagne les enfants aussi bien dans l’acquisition du socle commun des connaissances et des compétences que dans la globalité des apprentissages, y compris celui des compétences transversales telles que l’empathie, la confiance en soi, la créativité, la collaboration, etc. pour leur permettre de devenir des citoyens responsables, éclairés, autonomes, solidaires et épanouis.


La première lab school a ouvert ses portes en septembre 2017 pour les niveaux CE2, CM1 et CM2 avec une trentaine d’enfants. A la rentrée 2018, nous planifions l’introduction de la classe de 6e afin de suivre les enfants.

Groupe d'élèves à la Lab School Paris

Groupe d'élèves à la Lab School Paris

LES PREMIERS RESULTATS

Des entretiens individuels ont été réalisés avec chaque enfant dès la seconde semaine de la rentrée. Nous avons aussi recueilli les retours des parents. Cela nous permet, d’une part d’avoir un point de départ pour les prochains entretiens et d’autre part de co-construire le projet avec l’ensemble de la communauté que sont les enseignants, les parents et les enfants.
Les retours qualitatifs sont excellents : les enfants se disent heureux de venir à l’école et apprécient tout particulièrement le fait qu’il n’y ait pas de notes ni de devoirs, ainsi que la possibilité de porter des chaussons dans la classe et d’aller au parc pour la récréation plutôt que dans une cour où il n’y a pas de jeux.

Plus récemment, en lien avec la CARDIE de Paris et avec d’autres écoles parisiennes, nous avons commencé à travailler sur l’application du concept d’« organisation apprenante » au contexte scolaire et avons commencé à développer des outils d’évaluation. Une enquête pilote destinée à tester le questionnaire est actuellement en cours et sera présentée au Recteur de l’académie de Paris le 8 juin.

La Lab School Paris est une école pilote dont le but premier est d’essaimer. C’est pourquoi nous mettons tout en œuvre pour parvenir à établir des liens entre la Lab School Paris et les instances de l’Éducation nationale, qui ont trouvé l’initiative suffisamment intéressante pour réfléchir, dans plusieurs académies, à la possibilité d’ouvrir des lab schools dans le public.

LE PRIX DE L’I-NOVATION PEDAGOGIQUE®

La remise du grand prix de l’i-novation pédagogique®, le 21 novembre 2017, en présence de l’équipe de la Lab School Paris, a été une belle surprise et un grand honneur.

Les répercussions positives ne se sont pas faites attendre, à tous les niveaux :

  • Financier tout d’abord puisque le prix nous a permis d’équiper la classe d’un vidéoprojecteur interactif, qui permet aux élèves d’être de plus en plus actifs en classe. Nous avons également pu acheter des tables de réunion rabattables, avec des roulettes, qui permettent de moduler facilement l’espace.
  • Scientifique : l’obtention de ce prix a été citée parmi d’autres prix obtenus par des chercheurs dans le rapport annuel du laboratoire dont dépend Pascale Haag à l’EHESS (l’IRIS).
  • Communication : Nous avons évidemment communiqué sur tous les supports à notre disposition (mail, réseaux sociaux, journalistes, etc…). Voici un exemple ci-dessous avec la signature de mail réalisée suite à la remise du prix.
  • Bannière communication lauréat du Prix 2018
  • Partenaires et équipe : Cette remise de prix nous a permis de prendre du recul, de voir le chemin parcouru et de célébrer ensemble, en équipe (occasion rare au début d’un projet où il est difficile de « lever le nez du guidon »). L’image auprès de nos partenaires a également été extrêmement positive et certains nous ont justement contactés suite à l’attribution du prix.

PASCALE HAAG

Pascale Haag est enseignante, chercheur et psychologue. Ses recherches portent principalement sur la question du bien-être et en particulier du bien-être dans l’éducation. Elle a décidé de s’y intéresser lorsqu’elle a pris conscience, il y a quelques années, du malaise généralisé dans l'éducation, qui touche d’ailleurs les enseignants aussi bien que les élèves et même les parents.
En 2015, elle s’associe à d’autres pour mettre son travail au service de l’éducation et crée un réseau, le Lab School Network. Le but est de réfléchir et d’agir ensemble, à la lumière de ce que nous apprend la recherche, pour faire évoluer l’éducation et opérer une transition vers un système éducatif qui réponde aux enjeux du XXIe siècle.

Coup de Coeur du jury 2017: l’École de Grivery

Groupe de travail à l'école de Grivery

Groupe de travail à l'école de Grivery

La finalité de notre école

L’école de Grivery propose une autre scolarité à des enfants atypiques pour répondre aux défis d’aujourd’hui et de demain. Des parents et des enseignants se sont retrouvés pour imaginer avec les enfants l’école de leurs rêves. Elle a l’ambition d’aller pas à pas vers la société à laquelle nous aspirons. Nous voudrions apprendre à prendre soin de soi, des autres et de la planète. Nous sommes actuellement réunis autour d’une vision commune : suivre une scolarité harmonieuse, vivre la gouvernance partagée, être au coeur de la nature, créer du lien intergénérationnel, agir localement pour le développement durable, et accueillir l’être et le devenir.

Les fondamentaux de notre pédagogie

La pédagogie de l’école de Grivery s’appuie sur une démarche de recherche-action s’inspirant de principes itératifs de permaculture : observation, hypothèses, expérimentation, observation, ajustement, et ainsi de suite.

C’est une approche sur un temps long d’amélioration continue qui fonctionne par “petits pas” et essai-erreur.

Cette approche permaculturelle est appliquée dans les relations humaines, la pédagogie, le potager, le bâti, à la recherche d’un éco-système économe, avec le minimum d’intrant, le plus productif possible, produisant peu de déchet et résilient.

Un aspect important pour les élèves atypiques est le multi-âges qui permet un décloisonnement par rapport à leur classe d’âge et des enrichissements inattendus entre pairs. Egalement, nous avons tout un volet sur l’accompagnement bienveillant et la formation à la communication non-violente et la gestion de leurs émotions (outils d’éducation positive Scholavie (1), transformation développementale via le théâtre).

Mais au-delà des innovations pédagogiques, le projet s’inscrit également dans une démarche pragmatique, avec le respect du Socle Commun de Connaissances, de Compétences et de Culture.

Une gouvernance partagée sociocratique

Avec la sociocratie , le projet d’école de Grivery innove également dans sa manière de vivre la démocratie et d’inscrire la citoyenneté dans sa pédagogie. Ce mode de gouvernance partagée permet de fonctionner efficacement sans structure de pouvoir centralisé, selon un mode auto-organisé et de prise de décision distribuée. Il permet d’atteindre ensemble un objectif partagé, dans le respect des personnes, en prenant en compte la diversité des points de vue et les apports de chacun, grâce à des pratiques telles que l’organisation en cercles avec doubles liens, l’élection sans candidat et les prises de décision par consentement. La sociocratie apporte une réelle richesse dans les relations interpersonnelles et dans sa capacité à faire émerger l’intelligence collective.

Les premiers résultats

L’école de Grivery a ouvert ses portes depuis septembre 2017 et a décidé de proposer des apprentissages formels le matin et des apprentissages informels via des ateliers collectifs ou des projets personnels l’après-midi.

Sur les deux premiers trimestres, les retours des familles sont extrêmement encourageants. L’amélioration de la qualité de vie a été spectaculaire pour certains enfants en grande souffrance dans leur scolarité précédente. Certains étaient phobiques scolaires et déscolarisés, voire proche de la dépression. Ils viennent à present avec plaisir à l’école (2) et se remettent doucement dans une démarche d’apprentissages librement choisis. Leur niveau d’énergie remonte en même temps qu’ils deviennent acteurs de leur vie.

Les perspectives

Il s’agit de permettre à l’éducation nationale de trouver des voies d’améliorer l’accueil de profils d’élèves atypiques, notamment via l’aménagement d’emploi du temps vers des classes à horaires aménagés, développement durable et nouvelles technologies.

Plantation de l’arbre “Apprendre & Réussir”

Plantation de l’arbre “Apprendre & Réussir” (à droite Hoàng Mai Lesaffre, Alain Raguenaud et Xavier du Bellay)


Explications du Prix aux enfants, par alain Raguenaud

Alain Raguenaud (de face) et Hoàng Mai Lesaffre (en rose) lors de l’explication aux enfants du sens du prix

Les apports du Prix de l’I-novation Pédagogique®

Quelques mois après l’ouverture, recevoir le coup du coeur du jury du prix de l’I-novation pédagogique® fut pour nous à la fois une immense joie et une fierté collective. En effet, la participation au Prix avait lancé une dynamique collective afin de réaliser la vidéo de présentation de l’école pour le prix et tous les membres se sont mobilisés avec enthousiasme.

La reconnaissance de notre démarche nous a conforté dans notre conviction que nous étions sur la bonne voie. Le prix nous a permis d’investir dans du matériel technologique (cartes Raspberry Pi, enceinte) pour les projets personnels des élèves, ainsi que de renforcer notre trésorerie dans une période de démarrage où l’école est encore fragile.

L’aspect le plus important a été pour nous la découverte de la classe renversée présentée par Jean-Charles Cailliez lors de la soirée de remise du prix.

Enthousiasmée, l’équipe pédagogique de l’école a décidé d’appliquer ce principe aux apprentissages formels du matin et depuis janvier 2018, nous avons mis en place des classes collaboratives très dynamisantes et très appréciées des élèves, dont certains sont pilotes de certaines classes.

Qui sommes-nous?

L’équipe qui a co-fondé l’école et qui participe activement à son fonctionnement est, comme le préconise les principes de permaculture, très diverse. Cette diversité permet une richesse, l’émergence d’une intelligence collective très innovante et une résilience supérieure à un système en monoculture. Provenant de milieux très divers et réunis autour d’un objectif commun, nous nous mettons au service du vivant et adaptons l’organisation à l’humain et non l’inverse.

(1) Scholavie a été lauréat du prix de l’i-novation pédagogique® 2016 (NDLR)
(2) “Cela se constate de suite lorsqu’on visite l’école” (Alain Raguenaud)

« Coup de coeur du jury 2017 » pour son projet « Cogni’classe en primaire »,

Nathalie Techer, professeur des écoles à Saint-Denis de la Réunion, a répondu à nos questions
Pâte à modeler chez Cogni'class

Les créations des enfants, en pâte à modeler.

Apprendre & Réussir :

Tout d’abord, si vous n’aviez droit qu’à deux phrases pour nous dire qui vous êtes et quel est votre projet, vous nous diriez quoi ?

Nathalie Techer :
Je suis enseignante en premier degré à Saint-Denis, Île de la Réunion, et j’ai mis en place une cogni’classe cette année avec d’autres collègues.

Nous voyons l’impact de cette démarche sur la métacognition, la mémorisation, l’implication de nos élèves jour après jour et cela nous pousse à essaimer.

A&R :

Qu’est-ce qui vous a amenée à ce projet ?

N.T. : Lorsqu’on est enseignant on ne nous parle pas du cerveau, des émotions et de leur rôle dans nos pratiques de classe. Or voici trois ans, à l’époque j’avais un CE1, j’ai été sensibilisée, non coachée, pour apprendre à mes élèves à gérer les conflits, à exprimer des messages clairs, à parler de leurs émotions. Cela m’a donné envie de m’intéresser à la pédagogie positive. Ce qui en a découlé : une autre posture face à mes élèves, un climat plus serein dans la classe. Nous avions des rituels que j’ai gardés : l’humeur du jour à l’entrée dans la classe, moment de relaxation après la récréation du matin et de la pause méridienne, parler de ses émotions et gérer les conflits au quotidien.

Puis, et je l’en remercie ici, une grande page c’est tournée lorsque je me suis rapprochée du CARDIE de mon académie La Réunion et que j’ai contacté Pascal Chabernaud le responsable. J’ai donc rédigé une fiche dans la base Expéritech pour parler de cette expérience et pour continuer avec ma classe l’année suivante. C’est un homme qui prend à cœur son métier, il a été à l’origine de bien des rencontres et lectures.

A&R :

Et comment êtes-vous passée de la sensibilisation à la maîtrise de ce sujet complexe ?

N.T. : Mon premier MOOC date de décembre 2016 avec « Education par la recherche à l’école », Les Savanturiers de l’attention en ce qui me concerne. Ma classe était donc engagée dans une recherche sur l’attention dans le but ensuite de l’améliorer. En cours de route j’ai pris contact avec Jean-Philippe Lachaux pour travailler sur son projet « ATOLE ». J’ai été suivie par sa doctorante et son équipe au long du déroulé du protocole.

Je découvrais le cerveau et dès lors mon appétit n’a fait que croître : j’ai glané sur internet des vidéos, des documents pour me permettre de parler du cerveau à mes élèves. L’impact a été immédiat : ils avaient soif d’apprendre eux aussi comment ils fonctionnaient. Et cela faisait écho à ce que nous vivions avec ATOLE, à ce que nous faisions en classe. J’en parlais au quotidien dès que l’occasion s’y prêtait.

Puis, P. Chabernaud m’a indiqué qu’un autre cours pouvait certainement m’intéresser au vu de ce que je faisais dans ma classe « Apprendre et enseigner avec les sciences cognitives » en mai 2017. J’y ai beaucoup appris. A la fin de ce MOOC (1), il nous était demandé si nous voulions continuer l’aventure avec l’équipe. L’idée de monter une cogni’classe et de devenir une personne-relais dans ce domaine me plaisait énormément.

A&R :

Qu’est-ce qui vous a incité à candidater au « prix de l’i-novation pédagogique® » ?

N.T. : J’avais déjà prospecté du côté de mes collègues, j’avais lancé ma candidature à l’équipe de « sciences-cognitives » pour devenir un cogni’cycle (mes collègues étant au CP et l’autre au CE1 et moi-même au CE2) et cela avait été accepté. J’en étais là dans mes réflexions et démarches lorsque P. Chabernaud me parla du « prix de l’i-novation pédagogique® 2017 ». J’ai déposé ma candidature et fus retenue parmi les nominés du prix, puis désignée comme Coup de cœur du jury !

Une énorme surprise, qui m’a amenée en un soir du 21 novembre 2017 à venir chercher mon prix lors de la manifestation organisée par l’équipe d’Apprendre & Réussir.

A&R :

Quel bilan d’étape tirez-vous de votre cogni’classe ?

N.T. : Le plus important est sans doute le changement de posture que je mets à cœur d’instituer dans mon quotidien avec mes élèves. Car leur parler de métacognition, d’attention, de mémorisation, d’implication active, et gérer autrement les évaluations les aident à reprendre confiance en eux. Le climat de la classe est léger, les élèves les plus en difficulté n’ont plus peur de s’exprimer sur leurs doutes, leurs erreurs et m’étonnent même par leur façon de réfléchir sur ceux-ci. Une cogni’classe c’est un travail d’équipe qui utilise ces connaissances sûres en sciences cognitives pour aider tous nos élèves.

Ce qui me plaît et qui me pousse aujourd’hui à essaimer c’est justement tous ces bienfaits sur mes élèves. Ils se sentent valorisés mais je me sens aussi valorisée à travers leurs réussites !

Exemples de cahiers de mémorisation des élèves

Exemples de cahiers de mémorisation créés par les élèves

A&R :

En quoi le prix vous a-t-il aidée ?

NT : Concrètement, grâce à ce prix, j’ai pu acheter du matériel informatique pour la classe car nous en avions besoin afin d’installer l’application ANKI pour la mémorisation à parcours individualisé, MATHADOR en mathématiques, et un programme en production d’écrits avec correcteur. Les élèves sont heureux de bénéficier de ces apports numériques dans notre classe.

Je tiens ici à remercier l’équipe d’« Apprendre & Réussir », particulièrement Alain Raguenaud et Jean-Luc Berthier, pour leur confiance et le travail qu’ils mènent. Au cours de cette magnifique soirée enrichissante en tous points, je me suis, moi aussi, sentie valorisée. Merci à vous tous. Vous m’avez « regonflée à bloc », si j’ose une expression triviale.

Tant et si bien que pour la semaine du cerveau, en mars, nous avons invité nos parents d’élèves à visionner les vidéos dans lesquelles les élèves de nos classes ont expliqué ensemble ce qu’ils vivaient en cogni’classe. Un retour très positif des parents.

(1) MOOC parrainé par Apprendre & Réussir, élaboré et animé par Jean-Luc Berthier et son équipe (NDLR)

Coup de cœur du public : La robotique au service de l'apprentissage

Réseau d'Education Prioritaire (REP) de Ham
Apprendre & Réussir en visite

Alain Raguenaud, président d'Apprendre & Réussir et Françoise Eslinger, présidente du Foyer de Cachan, en visite le 13 février 2018

Pourquoi un tel projet ?

Ce projet est parti du constat suivant : le monde dans lequel nous vivons est de plus en plus connecté à tel point qu'on parle d'un monde numérique. Or l'école est un lieu qui doit permettre aux élèves de comprendre le monde dans lequel ils vivent (passé, présent) et de les préparer (futur) :

  • les préparer au quotidien : de plus en plus d'objets du quotidien sont reliés à des portables ou des tablettes (volets, ampoules, montres, voitures…) ;
  • les préparer professionnellement : les métiers évoluent et intègrent de plus en plus de numérique, les nouveaux objets font apparaître de nouveaux métiers (domotique…)

Cette préparation aux objets connectés et aux métiers de demain est plus compliquée pour les familles dans notre réseau, notamment à cause du coût et de la ruralité qui entraîne une méconnaissance du monde numérique. Très peu d'enfants auront la possibilité d'apprendre l'informatique, l'algorithmique en famille. C'est le rôle de l'école. De la même façon que l'on apprend l'art des démonstrations mathématiques à l'école plutôt qu'en famille.

Et pourtant, Ham est situé à 20 km de Saint-Quentin qui est une ville en plein essor sur la robotique : installation d'entreprise liée à la robotique, finale nationale du trophée robotique. Elle propose des filières universitaires avec deux masters sur la robotique.


Ce projet permet d'éviter une fracture numérique et accompagner nos élèves dans un univers porteur d'avenir. L'objectif n'est pas de former des informaticiens mais bien de former des citoyens conscients de ce qu'est l'informatique, des mécanismes de pensée et des évolutions des pratiques que cela suppose car tout cela a changé le monde.

La démarche du projet

Nous avons imaginé un parcours de la maternelle à la troisième avec plusieurs grands objectifs :

  1. Apprendre le codage : en lien avec les nouveaux programmes (en particulier en mathématiques et en technologie) et le Brevet des collèges (exercice sur le codage à l'épreuve de mathématiques).
  2. Apprendre autrement avec les robots : nouvelle technique d'apprentissage avec le prétexte des robots, pour faire travailler seul ou en équipe par compétences dans toutes les matières.
  3. Faire découvrir les formations et les nouveaux métiers liés au numérique.
Démo des élèves

Les élèves de primaire viennent faire une démonstration aux élèves de maternelle8


Le projet est imaginé sur deux ans :

  • 1ère année : choix et mise en place des robots dans les écoles, formation des enseignants, création de cahiers d'activités par cycle, projet Maths/techno (EPI) en 4ème, concours sur le codage ;
  • 2ème année : réflexion sur la première année et amélioration des activités, lien avec les métiers et les entreprises.

Jérôme Hubert

Jérôme Hubert, Coordonnateur REP Ham
jerome.hubert123@me.com

" Enseignant à mi-temps en mathématiques au collège et à mi- temps coordonnateur REP, je suis notamment chargé de mettre en place des projets sur notre territoire avec pour ambition de réduire les inégalités sociales et territoriales et de favoriser la réussite de tous les élèves.

73% des élèves que nous avons ont des parents en catégories socioprofessionnelles défavorisées. Nous luttons chaque jour pour motiver les élèves en classe et leur permettre d'avoir une orientation choisie et non subie.

J'ai mis en place dans notre REP un projet lié à des robots, de la maternelle à la troisième, qui a concerné près de 900 élèves. Ce projet a rencontré un grand succès : premier prix national de la Fondation Egalité des chances et prix du public de l'I-novation pédagogique d'Apprendre & Réussir. "

Depuis la rentrée 2016, les enseignants ont reçu des formations, des cahiers d'activités (débranchés) et des séances (branchées) ont été imaginés pour les élèves de maternelle à troisième, des classes de primaire sont venues au collège pour utiliser la salle multimédia et passer des concours nationaux sur le codage. Des liens entre les collègues de mathématiques et de technologie ont permis un projet important pour tous les élèves de quatrième : création d'un jeux vidéo, construction pour chaque classe d'un labyrinthe en bois avec déplacement du robot à l'intérieur et un concours en fin d'année. Les élèves de troisième ont construit un robot durant leur année.

De plus, les robots sont un prétexte pour travailler de façon différente les notions vues en classe. Ils permettent de motiver les élèves d'une façon plus moderne. Avec le prétexte des robots, les élèves développent ainsi des compétences dans toutes les disciplines : français, mathématiques, technologique, anglais…. On peut même imaginer des exercices en lien avec la géographie ou le sport. Depuis les nouveaux programmes, un exercice sur le codage sera forcément proposé aux élèves de troisième au brevet des collèges. Ce projet permet de les préparer très tôt à ce type d'exercice particulier et d'améliorer les résultats.

A la fin de l'année scolaire, 2016-2017, nous avons organisé dans les écoles un temps fort avec les parents où les élèves ont présenté leur travail. Ce temps est l'occasion d'échanger avec les parents sur les filières et leur montrer qu'il est possible pour leur enfant d'accéder à certains types de métiers dont ils ne connaissent parfois pas l'existence.

Depuis cette rentrée 2017, nous avons mis en place un partenariat avec CANOPE. Une journée de formation a été mise en place pour les enseignants du primaire et de secondaire. Un film sera tourné en fin d'année sur le concours avec les élèves de quatrième. Les élèves de troisième vont visiter l'IUT de Saint- Quentin où des ateliers robotiques seront mis en place par les étudiants.

Ce projet a reçu le prix de l'I-novation pédagogique® d'Apprendre & Réussir qui nous a permis de financer de nouveaux robots dans notre réseau mais aussi d'aider les écoles hors REP pour se lancer dans ce projet.

Mais au-delà de cet aspect financier, ce prix nous a donné une sacrée fierté et l'envie de continuer pour faire mieux réussir les élèves. En effet, et j'en suis certain au vu de l'enthousiasme des enfants et des enseignants, ce projet a permis de créer des vocations chez nos élèves.

Un grand merci à l'ensemble des acteurs d'Apprendre & Réussir !